Les saisons
de nos vignes

  • Des cailloux, de l'argile bleue, du calcaire et des sables
  • Le vin, l'eau de roche
  • Comme un enfant qui apprend le vélo
  • L'hiver en Provence est rude
  • J'adore le printemps, tout est possible
  • C'est l'été, choisir c'est renoncer
  • Enfin l'automne !
Fermer
La première étude réalisée par Georges TRUC, géologue, sur ce quartier de l'appellation de

Châteauneuf du Pape est une surprise, et une réponse au mystère des vins produits à cet endroit.


Sous une couche plus ou moins épaisse de cailloutis rubéfiés par l'altération, on rencontre des cailloutis à matrice sablo-silteuse qui possèdent une particularité fort intéressante : le calcaire solubilisé dans les horizons supérieurs se retrouve sous forme de revêtements qui habillent la base des galets (calcite blanche). Cette charge carbonatée, inattendue dans un tel contexte, offre à la vigne le calcaire qui va contribuer à donner aux vins blancs une très belle minéralité et aux vins rouges une tension et une énergie remarquables, paramètres associés à cette même minéralité qui marque les vins blancs ; De grands vins peuvent donc être élaborés sur cette terrasse. Le terroir de Saint Prefert se situe sur la terrasse récente « würmienne » du Rhône (- 25 000 ANS) ; Constituée de galets roulés à dominance de Quartz, de galets de granite à deux micas et d'autres roches (basalte du massif central, amphibolites et gneiss des alpes).
Fermer

Saint PREFERT s'appuie sur la bio-dynamie, la culture biologique, la sélection de ses propres levures et la sélection massale de ses propres vieilles vignes, pour exprimer la véritable signature de ses sols et de son matériel végétal.

Depuis 2003, Saint prefert a innové en exaltant la beauté des sols de ce terroir sudiste, magnifiant le matériel végétal unique de ce lieu, révélant sa substantifique moelle.

  Ouvrir un vin de saint préfert, c'est s'immerger dans nos collines, paresser au sein de nos oliviers, entre les grenaches, les cinsaults et les mourvèdres, fouler les galets brûlants, ressentir la violence du vent;Ouvrir un vin de saint préfert, c'est s'immerger dans nos collines, paresser au sein de nos oliviers, entre les grenaches, les cinsaults et les mourvèdres, fouler les galets brûlants, ressentir la violence du vent

Fermer

Interpréter le message du climat


Depuis 2003, le parcours a été passionnant. Mes premiers pas furent hésitants, épaulée par les plus authentiques des vignerons de mon village. Durant ces années intenses, la page était blanche, il fallait tout écrire. Et nous avons rédigé la partition à plusieurs mains. Comme une enfant qui apprend le vélo, j'ai donné mes premiers coups de pédale dans le vignoble sous le regard bienveillant de ceux que j'admirais.

Puis en 2009 est venu le temps de la maturité, je pouvais avancer seule. Observer mon vignoble, interpréter chaque millésime pour en recevoir les leçons, millésime après millésime. Aujourd'hui, chaque année est une nouvelle aventure exaltante, on ne sait jamais rien. S'adapter au message du climat, humer les premières sensations d'un vin en devenir.


Fermer

L'hiver en Provence est rude


C'est le temps de la taille dans les vignes.
La pluie, le vent, parfois la neige, nous mettent à rude épreuve en plein coeur de l'hiver. Car la taille n'attend pas, et seuls dans leurs parcelles, les hommes poursuivent lentement leur travail pied par pied, en domptant inlassablement cette liane. Chaque geste est précis. De cette précision dépendra la récolte future. Les sarments sont brûlés au bout des parcelles pour éviter toute contamination. A la fin du mois de mars, tout est terminé. Le printemps approche.
Ni trop pauvre, ni trop riche, notre sol nous offre la diversité des années qui se succèdent et ne se ressemblent pas. La chaleur apporte à son caractère extrême, le trop d'humidité, une fraîcheur insoupçonnée. Entre les deux, l'harmonie et l'équilibre nous surprendront toujours.
Dans la fraîcheur de notre chai souterrain, le vin de l'automne précédent s'affine et cache avec élégance sa puissance derrière un subtil voile de finesse. Bientôt, au bout de plusieurs mois, il sera mis en bouteilles.

Fermer

J'adore le printemps, tout est possible


Depuis quelques jours, la nature toute entière s'est éveillée. Les premiers bourgeons débourrent. J'implore le ciel que le Mistral souffle toujours plus fort pour éloigner les premiers risques de gelée...

C'est le temps des premiers labours, des replantations. Une ruche de femmes et d'hommes s'agite comme autant d'abeilles dans les vignes qui renaissent chaque jour un peu plus.

Les premières pousses vertes s'allongent, en s'inclinant vers le sol dans les parcelles de grenache, le doigt pointé vers le ciel dans les mourvèdres et les syrah. Les Clairettes dressent fièrement les feuilles rosissantes vers les cyprès. Les maladies et les parasites s'éveillent à leur tour, il est temps d'organiser la protection du vignoble qui durera jusqu'au mois d'août. 



Fermer

C'est l'été, choisir c'est renoncer


Nous devons relever le défi de la chaleur, de la sécheresse et du vent.

Le soleil se lève dès 6h00 et déjà, il fait chaud. La pluie n'est pas tombée depuis des semaines et il faut travailler malgré la canicule qui accable les vignes et épuise les corps. Aux premières heures, les vignerons arrosent les jeunes vignes plantées cette année. Il faut favoriser la survie des jeunes racines qui souffrent de la soif. Les tracteurs labourent inlassablement pour éliminer les herbes folles qui font concurrence à nos vignes et puisent l'eau de nos sols.

Assoiffées, enivrées de soleil et de santé, les vignes n'arrêtent pas de pousser. Il faut canaliser cette énergie sans en briser l'élan.... Car trop de grappes pourrait nuire à la concentration tant souhaitée des baies de raisin. Notre chef de culture choisit parmi les hommes et les femmes les plus aguerris du domaine ceux qui vont procéder alors à la vendange verte. Ils sélectionnent sur le cep les grappes qui seront dignes d'être conservées pour mûrir en petit nombre jusqu'à l'automne. D'un geste sûr, ils éliminent les fruits de trop... et mon coeur s'emballe ... si le geste est sûr pour éliminer le fruit, le coeur reste en émoi à chaque grappe verte jetée au sol. Choisir c'est renoncer. 


 A 13h00, par ces grandes chaleurs le travail de la journée est terminé. C'est l'heure sacrée de la sieste. Le chant assourdissant des cigales paralyse les vignes jusque tard dans la nuit. Les galets roulés brûlent encore les pieds de nos vignes alors que la première rosée de l'aurore perle au petit matin. J'ai dormi en paix. Tout s'annonce bien. 

Fermer

Enfin l'automne !


La pression monte ...il faut garder la tête froide.

C'est la fin de l'été, dans un ultime assaut, la chaleur accable la vigne qui enfin terrassée, arrête sa croissance pour se consacrer à la maturation des raisins. Désormais, il faut attendre. La nature, silencieuse, progresse vers cette maturité que les abeilles, les oiseaux et les insectes détectent bien avant nous. Le raisin mûrit ... Inlassablement, nous dégustons grain par grain, parcelle par parcelle avant de décider où commencer cette cueillette si précieuse. Si les roussanes brunissent brutalement, ce sera le coup de feu du départ ! La pression monte, et pourtant il faut garder la tête froide et résister. 

La sensation de sucre dans les fruits s'élève chaque jour et pourtant la maturité phénolique n'est toujours pas au rendez-vous. La râfle aura besoin de brunir, les pépins de raisin de quitter leur amertume pour offrir un croquant dans le fruit, des aromes explosifs, une acidité parfaite, des tanins soyeux... Et un matin tout est là, dans un équilibre savant et précaire. Il est temps de vendanger.

creation vinium