Les saisons
de nos vignes

  • Un parcours initiatique
  • L'hiver en Provence est rude
  • J'adore le printemps, tout est possible
  • C'est l'été, choisir c'est renoncer
  • Enfin l'automne !
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Un parcours initiatique


Depuis 15 ans, le parcours a été lent, presque initiatique. Bien sûr, il y a eu en premier lieu la rencontre puis l'amitié dans le travail avec des confrères qui vont m'initier à la  juste maturité des fruits. La précision qu'apporte la vinification pour conserver la pureté du fruit jusque dans les cuves. Les six premières années à St Prefert, pas à pas avec parmi le plus illustres des vignerons de mon village, ont été les années sans doute les plus intenses. La page était blanche, il fallait tout écrire. Et nous avons rédigé la partition à plusieurs mains. Comme un enfant qui apprend le vélo, j'ai donné mes premiers coups de pédale dans le vignoble sous leur regard bienveillant.

Puis en 2009 est venu le temps de la maturité, je pouvais avancer. Observer mon vignoble pour en recevoir les leçons seule, millésime après millésime. Chaque année est une nouvelle page blanche, on ne sait jamais rien. La première humilité, c'est apprendre à connaître et humer les premières sensations d'un vin en devenir.

Désormais les saisons de nos vignes sont le mystère permanent que je cherche à percer, inlassablement.

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L'hiver en Provence est rude


C'est le temps de la taille dans les vignes.
La pluie, le vent, parfois la neige, nous mettent à rude épreuve en plein coeur de l'hiver. Car la taille n'attend pas, et seuls dans leurs parcelles, les hommes poursuivent lentement leur travail pied par pied, en domptant inlassablement cette liane. Chaque geste est précis, car de cette précision dépendra la récolte future. Les sarments sont brûlés au bout des parcelles pour éviter toute contamination. A la fin du mois de mars, tout est terminé. Le printemps approche.
Ni trop pauvre, ni trop riche, notre sol nous offre la diversité des années qui se succèdent et ne se ressemblent pas. La chaleur apporte à son caractère extrême, le trop d'humidité, une fraîcheur insoupçonnée. Entre les deux, l'harmonie et l'équilibre nous surprendront toujours.
Dans la fraîcheur de notre chai souterrain, le vin de l'automne précédent s'affine et cache avec élégance sa puissance derrière un subtil voile de finesse. Bientôt, au bout de plusieurs mois, il sera mis en bouteilles.

Les cépages affirment leur caractère, développent leurs arômes et passent l'hiver séparés. Le Grenache et le Cinsault donnent chaleur et moelleux, a l'inverse Le Mourvèdre, la Syrah, : la solidité, la longévité, la couleur et la franchise. La Counoise, le Picpoul ...une touche de complexité insoupçonnée. Les personnalités des vins s'annoncent. Fûts et Demi-muids neufs et usagés révéleront ces premiers arômes ...
C'est le printemps, nos vins ont besoin de s'aérer.
Les opérations de soutirage viendront interrompre ce repos hivernal. Puis, les vins retrouvent le calme de nos chais dans des fûts propres.
Le temps anoblit le fruit de notre travail tout en rendant hommage à nos raisins et aux sols qui les portent.
Les vins de Saint Prefert sont de ceux-là et nous prenons le plus grand soin pour les conserver dans des caves à température constante (10 - à 15°C), à l'abri de la lumière.
Nous mettons un point d'honneur à ce que tous nos vins soient mis en bouteille au domaine.

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J'adore le printemps, tout est possible


Depuis quelques jours, la nature toute entière s'est éveillée. Les premiers bourgeons débourrent. J'implore le ciel que le Mistral souffle toujours plus fort pour éloigner les premiers risques de gelée...

C'est le temps des premiers labours, des replantations. Une ruche de femmes et d'hommes s'agite comme autant d'abeilles dans les vignes qui renaissent chaque jour un peu plus.

Les premières pousses vertes s'allongent, en s'inclinant vers le sol dans les parcelles de grenache, le doigt pointé vers le ciel dans les mourvèdres et les syrah. Les Clairettes dressent fièrement les feuilles rosissantes vers les cyprès. Les maladies et les parasites s'éveillent à leur tour, il est temps d'organiser la protection du vignoble qui durera jusqu'au mois d'août.
Attention aux vieilles souches !

La complexité des grands vins repose souvent sur le mariage de vieilles vignes et de jeunes fruits fougueux. J'insiste une fois de plus « attention aux vieilles souches, il faut les protéger ! Et accompagner délicatement le développement des plus jeunes. » les vieilles souches sont la mémoire de notre terroir, les jeunes en sont l'avenir. En particulier le cépage grenache, le coeur de notre vignoble et l'âme de nos vins, connait une longévité qui dépasse les cents ans. Je confie à notre chef de culture Loic, le soin d'organiser le remplacement de chaque pied un par un, par la complantation afin de produire à nouveau, parfois une génération plus tard, le grand vin que j'appelle de mes voeux.

La passion des hommes se conjugue à la magie de nos sols. Saint Préfert pratique une viticulture Biologique. Ainsi la vie microbienne révélera, grâce aux labours répétés, le meilleur de nos terres et de nos raisins.

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C'est l'été, choisir c'est renoncer


Je dois relever le défi de la chaleur, de la sécheresse et du vent.

Le soleil se lève dès 6h00 et déjà, il fait chaud. La pluie n'est pas tombée depuis des semaines et il faut travailler malgré la canicule qui accable les vignes et épuise les corps. Aux premières heures, j'envoie les vignerons arroser les jeunes vignes plantées cette année. Il faut favoriser la survie des jeunes racines qui souffrent de la soif. Les tracteurs labourent inlassablement pour éliminer les herbes folles qui font concurrence à nos vignes et puisent l'eau de nos sols.

Assoiffées, enivrées de soleil et de santé, les vignes n'arrêtent pas de pousser. Il faut canaliser cette énergie sans en briser l'élan.... Car trop de grappes pourrait nuire à la concentration tant souhaitée des baies de raisin. Notre chef de culture choisit parmi les hommes et les femmes les plus aguerris du domaine ceux qui vont procéder alors à la vendange verte. Ils sélectionnent sur le cep les grappes qui seront dignes d'être conservées pour mûrir en petit nombre jusqu'à l'automne. D'un geste sûr, ils éliminent les fruits de trop... et mon coeur s'emballe ... si le geste est sûr pour éliminer le fruit, le coeur reste en émoi à chaque grappe verte jetée au sol. Choisir c'est renoncer.

Les vignes les plus vieilles ont adopté leur position de survie, feuilles repliées vers le bas, stomates fermées à l'évaporation. Vers midi je scrute le ciel. Pas un nuage à l'horizon. Les feuilles les plus basses commencent à sécher sur les souches. A 13h00, par ces grandes chaleurs le travail de la journée est terminé. C'est le moment d'un repos mérité pour éviter les heures brûlantes de la journée. Chacun rentre chez soi. C'est l'heure sacrée de la sieste. Le chant assourdissant des cigales paralyse les vignes jusque tard dans la nuit. Les galets roulés brûlent encore les pieds de nos vignes alors que la première rosée de l'aurore perle au petit matin. J'ai dormi en paix. Tout s'annonce bien.

A la transition de juillet et des premiers jours d'août, les premières grappes se colorent d'un pourpre tendre. La véraison s'annonce. Les hommes partiront quelques jours en repos. Il y aura sans doute un orage violent autour du 15 août annonciateur de l'équinoxe de septembre. Mais pour l'heure le repos s'impose même pour moi. Nous faisons confiance à la nature. Partir me reposer, dormir et retrouver des forces. Il sera bientôt temps de se concentrer vers le grand rendez-vous de l'année. Les vendanges.

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Enfin l'automne !


La pression monte ...il faut garder la tête froide.

C'est la fin de l'été, dans un ultime assaut, la chaleur accable la vigne qui enfin terrassée, arrête sa croissance pour se consacrer à la maturation des raisins. Désormais, il faut attendre. La nature, silencieuse, progresse vers cette maturité que les abeilles, les oiseaux et les insectes détectent bien avant nous. Le raisin mûrit, pourtant il n'est pas prêt... Inlassablement, mon équipe à mes côtés, nous dégustons grain par grain, parcelle par parcelle avant de décider où commencer cette cueillette si précieuse. Si les roussanes brunissent brutalement, ce sera le coup de feu du départ ! La pression monte, et pourtant il faut garder la tête froide et résister. Année après année, l'expérience nous le prouve.

La sensation de sucre dans les fruits s'élève chaque jour et pourtant la maturité phénolique n'est toujours pas au rendez-vous. La râfle aura besoin de brunir, les pépins de raisin de quitter leur amertume pour offrir un croquant dans le fruit, des aromes explosifs, une acidité parfaite, des tanins soyeux... Et un matin tout est là, dans un équilibre savant et précaire. Il est temps de vendanger.

Nous y voici. Les premières équipes de vendangeurs s'affairent. Nous récoltons le matin à la fraîche afin d'éviter les chaleurs. Pas de précipitation, chaque vendangeur travaille à son rythme afin de déposer délicatement les grappes dans des caisses. Pas une grappe ne doit arriver écrasée à la cave... ainsi les premiers arômes, les plus savoureux, seront conservés. Tout est mis en oeuvre pour capter ces parfums qui apporteront la complexité à nos vins.

A la cave, chacun est à son poste. La chef de cave Helene, pilote le ballet incessant des caisses de raisins dans le brouhaha des rires. C'est l'exaltation des grands jours et nous savourons cette victoire quotidienne... un an pour ça, une année de travail acharné pour récolter le fruit parfait. Il convient de ne pas l'abîmer.

Pendant les quatre semaines de récolte, je sais que les belles journées de septembre sont déterminantes pour la qualité du millésime ; je guette jour après jour les orages d'octobre, tant redoutés pour leurs pluies dévastatrices sur nos raisins. . Les premiers nuages venus de la méditerranée rafraîchissent l'atmosphère lourde souvent des fins d'été...

Les vendanges dureront en moyenne trois semaines, parfois quatre, le temps qu'il faut pour récolter à maturité chaque parcelle.

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